Ville de TOURNUS

Site officel de la commune de Tournus


Le Bief du Potet étudié par les Terminales STAV 2012-2013

La promotion 2011-2013 de la section STAV Sciences et Technologie de l'Agronomie et du vivant du Lycée de l'Horticulture et du Paysage a travaillé dans le cadre de la pratique professionnelle en développement durable sur le Bief du Potet. C'est leur travail qui vous est présenté ici.

 

  • Pourquoi s’intéresser à ce très petit cours d’eau ? : Intérêt du maintien de la biodiversité et contexte réglementaire.

  • Description physique du cours d’eau et de son bassin versant, géomorphologie et occupation de l’espace : indices naturels et ouvrages anciens, agriculture, urbanisme

  • Conclusion : Quels sont les partenaires, les acteurs qui peuvent s’impliquer dans la bonne santé du Bief du Potet et sa valorisation ?

 

Pourquoi s’intéresser à ce très petit cours d’eau ?
Intérêt du maintien de la biodiversité et contexte réglementaire.


Ce Très Petit Cours d’Eau (T.P.C.E.) fait partie du dispositif d’aides apportées par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Pour 2015,  l’objectif est d’atteindre le bon état écologique du cours d’eau dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) 2000 dont le Bief du Potet fait partie.

Le Bief du Potet peut devenir une référence en termes de gestion, par rapport aux actions apportées pour favoriser la biodiversité : la biodiversité est l’ensemble des espèces animales et végétales en interaction avec leurs milieux et la diversité même des espèces vivantes et de leurs milieux. Les actions menées sont en lien avec la restauration du milieu aquatique sur certains tronçons et une gestion globale du bassin versant. 

Le Bief du Potet est un affluent direct de la Saône, il cumule 3,7 km de cours d’eau et son bassin versant couvre 4,8 km2. Le bassin versant (ensemble des affluents, rus ou rigoles, et de leurs pourtours qui alimentent le cours d'eau avec leurs eaux de ruissellement) est délimité par les points les plus hauts de ce secteur, ses lignes de crêtes ou lignes de partage des eaux. Celui-ci représente moins de 1 % de la surface gérée par le contrat des rivières du Mâconnais.

Un état des lieux de a été réalisé par les élèves qui ont suivi le cours d’eau depuis ses sources jusqu’à son exutoire.  En accord avec la municipalité, avec l’appui technique de l’établissement public territorial des bassins (EPTB) de la Saône et du Doubs et de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et avec l’accompagnement scientifique de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus (SAAST), ils ont souhaité sensibiliser les habitants sur l’importance de la gestion de ce petit cours d’eau.

 

Les objectifs généraux des contrats de rivière sont notamment de retrouver la qualité de l’eau et restaurer le fonctionnement biologique et physique des cours d’eau.

Il y a d’autres mesures réglementaires qui existent sur le bassin du Bief du Potet comme favoriser la continuité écologique du cours d’eau et gérer les eaux pluviales.

 

Pour mémoire, le bief du Potet a eu un impact considérable sur les inondations de la ville de Tournus en 1968 et en 1988. Extrait d’un article d’un quotidien du 17 juin 1988, au lendemain de la catastrophe : « En bas du col de Beaufer, c’est un lac d’eau qui a déferlé de la Croix-Léonard et du Roi-Guillaume, la vallée à cet endroit est devenue un véritable entonnoir … A Tournus, le bief des Sept-Fontaines, engorgé, a déferlé du Puits-des-Sept-Fontaines, en continuant son chemin sur le parking du Champ-de-Mars, s’est engouffré rue de la Tannerie, rue Greuze et rue de l’Hôpital, pour rejoindre la rue du Bac et mourir dans la Saône » … et dans un autre … « Dans le même temps le bief des 7 Fontaines qui descend des collines du Tournugeois multipliait son volume par cinquante, l’eau envahissait les rues de la basse ville … »

Télécharger l'article du Courrier de Saône-et-Loire sur l'inondation à Tournus

Télécharger l'article du Courrier de Saône-et-Loire sur l'inondation dans le Tournugeois

 

Description physique du cours d’eau et de son bassin versant, géomorphologie et occupation de l’espace


les indices naturels et les ouvrages anciens


Le bief du Potet est un cours d’eau relativement rectiligne (pas de méandres marqués) dont la course est perpendiculaire à la Saône dans laquelle il se jette.

Que peut-on observer tout au long de son parcours et sur l’ensemble de son bassin versant ? 

1) Les indices naturels que nous avons relevés sont ceux des milieux humides, situés à l’ouest du bassin versant :

la source en Chazotla source En Chazot  est visible dans un champ entre La Croix-Léonard et le virage de l’Ormeteau ;

 

 

des phragmitesdes phragmites en bordure de son lit  à l’ouest de la Croix-Gaillard.

 

 

 

marches en tuf calcaireAu niveau du verger écologique du lycée de l’horticulture et du paysage on remarque des marches naturelles en tuf calcaire au milieu du cours d’eau, ces éléments minéraux sont récents : les eaux carbonatées, par un phénomène chimique, créent de façon naturelle ces milieux remarquables où se développe une macrofaune spécifique.

 

2) Toutefois la plupart des espaces sont anthropisés :

carte illustrée du Bief du PotetAu fil du Bief du Potet : indices naturels et ouvrages anciens
Auteurs : élèves de STAV promotion 2011-2013 et EPTB Saône-Doubs – mars 2013

  • De nombreuses sources, qui suivent un alignement nord-sud sur toute la partie ouest du bassin versant, ont été captées pour alimenter des lavoirs comme, du nord au sud :
    • celui de Belnay extérieur du lavoir En Belnayintérieur du lavoir En Belnay
    • celui de l’Ormeteau extérieur du lavoir de l'Ormeteauintérieur du lavoir de l'Ormeteau
    • et celui de Julienne lavoir En Julienne
  • ou encore des puits y ont été installés comme :
    • à Belnay puits En Belnay
    • à la Croix-Léonard puits à La Croix Léonard
    • à l’Ormeteau puits à l'Ormeteau
    • sur la crête au Roy Guillaume puits au Roy Guillaume
    • ou encore à la Fontaine des Ladres puits à la Fontaine des Ladres

Le puits de l’Ambre était un monument historique ouvragé au XVe ou XVIe siècle, dernier vestige du village de Lambres organisé avec son église et sa justice dont la juridiction couvrait tout le vallon : Beaufer, Manan, Bout, Serre, Champ-Semard, le Roy-Guillaume, la Croix Léonard, une partie de Belnay et de Velnoux. Or ce puits a été vol&eacute sur place en 1985 !

 

  • des drains ont été installés
    • pour assainir des zones d’habitation comme à Belnay drain en Belnay
    • ou pour assécher des zones de mouilles comme dans le pré sous le virage de l’Ormeteau drain à L'Ormeteau, au printempsdrain à L'Ormeteau, en hiverdrain à L'Ormeteau
  • buse à L'Ormeteaudes buses ont été installées pour permettre aux voies de communication de traverser les zones humides, comme en 1856 celle en pierre de taille dans le virage de l’Ormeteau sur la route d’Ozenay ou plus récemment sous l’autoroute en construction en 1968 à hauteur du verger écologique du lycée.

 

Et un ancien système d’adduction d’eau a été installé en 1896 par le service de l’eau de la ville de Tournus pour mettre en place un réseau de distribution d’eau potable à ses habitants. Il est inauguré le 8 juillet 1900. Deux captages sont opérés, celui de la source En Julienne et de la source de la Patière, située au bas du vallon de l’Ormeteau. Un réservoir est installé au lieu-dit « Les Perrières » avec une capacité de 580 mètres cubes. Une vidange aboutit dans un pré en contrebas avant de rejoindre 50 mètres plus loin le Bief du Potet ou Bief des Sept-Fontaines. En ville, l’eau potable circule dans des canalisations en fonte de différents diamètres et d’une longueur totale de 6 430 mètres.

En 1902, le débit des sources n’est pas suffisant et les eaux filtrant au pied du coteau de Saint-Jean, le long de la Saône, sont ajoutées aux sources déjà captées, 1 kilomètre de canalisation de ciment rassemble ces eaux qui seront stockées dans un réservoir de 100 mètres cubes, situé dans une ancienne fabrique de glace.

Mais la consommation est de plus en plus importante et les captages ne sont plus suffisants donc en 1910 un forage est réalisé à 80 mètres environ de la Saône permettant le captage d’une nappe d’eau souterraine très pure (selon l’analyse chimique et bactériologique du prélèvement d’eau effectué le 25 septembre 1911).

Ce dispositif est utilisé jusqu’en 1961.


Le milieu agricole

 
La surface du bassin versant du Bief du Potet qui est vouée à l’agriculture concerne toute sa partie ouest et sur toute sa longueur nord-sud.

ligne de crête et haies bocagères
La zone forestière se situe principalement dans les hauteurs ourlant ainsi les terres agricoles sur les lignes de crête.

Les parcelles agricoles sont de petites à moyennes tailles et sont délimitées par de nombreuses haies bocagères.

prairiesElles sont composées essentiellement de prairies pour les deux tiers alors que les autres parcelles sont en culture, maïs, blé d’hiver.

 

Vignes au Roy Guillaume

 

Très peu de vignes sont encore présentes et se situent près de la route du Roy Guillaume.

 

parcelles agricoles cultivéesLes cultures sont effectuées sur les parcelles à plus faible pente, au sud-ouest par exemple.

 

 

bandes enherbées En JulienneEn limite de parcelles agricoles, le long du cours d’eau, on trouve quelques bandes enherbées, ici à proximité du lavoir En Julienne.

 

 

Si les parcelles agricoles occupent près des deux tiers du bassin versant, il n’y a plus ni bâtiment agricole ni même de siège d’exploitation dans ce périmètre.

De nombreuses habitations individuelles comportent un jardin privé, il en existe un grand nombre sur la zone située entre les parcelles agricoles et l’autoroute. Certains jardins sont directement reliés au ruisseau.

 

L’urbanisme


Il y a quatre zones traversées par le Bief du Potet qui est visible sur trois d’entre elles :

 zonage du bassin versant du Bief du Potet
Le bassin versant du Bief du Potet : quelles occupations de l’espace ?

Auteurs : élèves de STAV promotion 2011-2013 et EPTB Saône-Doubs – mars 2013

  • La première où l’agriculture est dominante : les maisons sont isolées et les hameaux sont reliés par des routes communales et de nombreux chemins ruraux, par exemple le chemin du Roy Guillaume qui suit la ligne de crête et dessine les limites communales à l’ouest ou le chemin de Saint-Languy.

    Le cours d’eau draine toutes les eaux des champs et plusieurs rus (soit naturels soit résultats des différents drainages) qui se rejoignent dans la zone du lavoir En Julienne.
  • La seconde est une zone périurbaine : champs et zone d’habitats individuels et de lotissements se partagent l’espace pour moitié, traversés de routes et chemins de desserte ou anciens chemins ruraux. Ici sont installés quelques services (hôpital, lycée).

    Le cours d’eau y est bordé d’arbres et d’arbustes caractéristiques d’une ripisylve.
  • La troisième est un espace urbanisé depuis le XIXe siècle, des espaces verts intègrent des lotissements et habitats verticaux.

    A l’ouest, l’autoroute délimite ce périmètre traversé par la voie de chemin de fer et l’ancienne route nationale N6 sur le même axe nord sud Paris-Lyon-Marseille.

    L’industrie, les services, les commerces de moyenne distribution y sont omniprésents et profitent des réseaux de communication.

    Le cours d’eau circule perpendiculairement aux axes de communication, dans un lit artificiel et bétonné, canalisé entre l’autoroute et la poste où il  devient complètement enterré avant de traverser les réseaux ferroviaire et routier.
  • La quatrième où se situe la ville ancienne est très urbanisée et les infrastructures y sont denses.

    limite nord du castrum romain sur une façade rue D. MathivetLors de l’implantation des romains sur la rive droite de la Saône, le Bief du Potet a constitué la limite naturelle au sud de laquelle fut bâti le castrum romain (une plaque sur une façade la rue Désiré Mathivet indique la limite nord du castrum dont des vestiges sont encore visibles dans certaines constructions).


    Les rues étroites d’anciennes maisons et immeubles en pierre avoisinent l’hôtel-dieu jadis utilisateur de la ressource en eau du Bief du Potet.

    En 1900, le Bief du Potet a été couvert depuis la rue des Magasins jusqu’à la rue du Centre (devenue la rue de la République) et ce tronçon devenu une artère praticable à pied prend le nom d’impasse du Potet.

Avant 1900 :le Bief du Potet, non couvert, avant 1900  Après 1900 :le Bief du Potet, couvert, après 1900

Aujourd’hui, le seul endroit où le bief du Potet est visible est son point d’exutoire, là où il termine sa course mais où il a entièrement perdu tout aspect naturel.

 

Ces zones sont contrastées et le cours d’eau demande à ce que chacun de ses tronçons puisse être examiné avec distinction.

 

Conclusion


Du fait des 4 zones que traverse le Bief, de nombreux acteurs interviennent sur le Bief du Potet : les particuliers habitant à proximité, les agriculteurs, les industriels. Les pécheurs ne pratiquent pas leur activité de loisir sur ce cours d’eau. D’autres acteurs sont impliqués comme l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse avec le 10e programme "Sauvons l'eau" (le nouveau programme d'actions 2013-2018), les services publics d’eau potable et l’assainissement, la société d’autoroute ainsi que les réseaux ferrés.

Même si certains l'ignorent, tous ces différents acteurs ont un impact plus ou moins important sur le cours d’eau du fait de leurs activités.

Pour cette raison des travaux peuvent être effectués sur le bassin versant en fonction de chaque zone d’activités et de chaque tronçon du cours d’eau.

 les élèves et Jean Duriaud sur la ligne de crête du Roy Guillaume
Les élèves et Jean DURIAUD
(du GRAT, qui a accompagné une partie de leur travaux)
au Roy Guillaume

 les élèves ont présenté leur travail en mairie de Tournus
Le 7 mai 2013, les élèves ont présenté leur travail
en mairie de Tournus en présence de Nathalie DELARA
(professeur qui a encadré leur travail au Lycée),
Samuel DA SILVA (EPTB Saône-Doubs) et Jean DURIAUD

 

Bibliographie


BERNARD Albert - Dictionnaire historique et topographique des rues, places et promenades de la ville de Tournus, bulletins de la SAAST,  tomes XI et XII,  1911 et 1912.

DARD Charles - Les services publics d’eau, de gaz et d’électricité à Tournus, bulletin de la SAAST tome LII, 1952.

DARD Charles, JEANTON Gabriel - Le Tournugeois historique et pittoresque, bulletin de la SAAST tome XLI, 1941

SARDY Charlotte - Tournus. Etude urbaine. In Les études rhodaniennes, vol. 11, n°4, 1935. pp. 433-445.    

Un article sur le tuf calcaire : http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/objets/img_sem/XML/db/planetterre/metadata/LOM-Img121-2005-05-02.xml